Doit-on mentir aux enfants ? Le dilemme du Père Noël

On le dit souvent, on l’apprend, on le répète tous à nos enfants : c’est pas bien de mentir !

Et c’est vrai si si…

mentir aux enfants

Mentir c’est d’abord casser la confiance établie entre nous et notre enfant.

Cet échange sans tabou que nous avons essayé de mettre en place au sein de notre petite famille.

Aussi, le mensonge est ressenti comme un loupé ou un échec dans cette relation saine que l’on souhaite avec notre progéniture.

Mais pas que…

Qui n’a pas déjà dit « mais tu peux tout dire à maman « .

Parce qu’un enfant qui ne dit pas la vérité c’est aussi tout simplement très angoissant pour les parents !

Comment savoir s’il va bien ? S’il a passé une bonne journée ? Ce qu’il a fait aujourd’hui ? Si quelque chose ne va pas ? Si finalement l’enfant nous ment.

Nous avons besoin de cette vérité, avouons-le, pour nous rassurer et nous aider dans notre rôle de parents !

Le mensonge ne sera d’ailleurs pas perçu de la même manière chez un enfant de 3 ans pas complètement conscient du mot, 7 ans en pleine période de « je m’invente une vie » ou 16 ans qui là se dit qu’il est plus malin que nous et qu’on n’y verra rien !

Notre réaction aussi d’ailleurs sera différente mais le mensonge peu importe l’âge sera toujours perçu comme négatif.

Et pourtant… C’est là qu’arrive le proverbe « fais ce que je dis, pas ce que je fais ! »

Dans la même catégorie que « ne dit pas de gros mots », il nous arrive aussi à nous parents de mentir.

On ment par fatigue « on ne va pas au parc ce soir mon cœur, tous les enfants sont déjà rentrés » (17h ciel bleu pas sûr mais chuuut), on ment par obligation « tu vas voir le centre de loisirs c’est vachement mieux que les mercredis avec maman », on ment par facilité « si tu ranges ta chambre, tu auras une surprise »…

Un millier de situations se posent face à nous et à cette fameuse question « doit-on mentir à son enfant ? »

Un midi en pause déjeuner l’un de mes collègues me dit « chez nous, on ne fête pas Noël avec les filles ». J’ai d’abord cru à des raisons religieuses mais pas du tout sa réponse fut simple « nous avons décidé de ne pas mentir aux enfants ».

Et finalement, je me dis que ce n’est pas bête comme raisonnement.

Mais alors que fait-on de Noël, de la petite souris, des cloches qui cachent les œufs de pâques ??

A 6-7 ans, ma sœur a appris que les gentilles cloches si généreuses étaient en fait nos parents.

Une scène restée gravée dans la mémoire de ma mère qui nous a raconté l’histoire une fois adulte : « mais si on part en week-end, comment elles vont faire pour mettre les chocolats ? » – « On les mettra à notre retour ma puce, c’est une jolie histoire mais tu le sais que ça n’existe pas ».

Visage blême, triste et yeux écarquillés « quoi ? Les cloches aussi ça n’existe pas et la petite souris ? Alors elle n’existe pas non plus ?? ».

Elle avait fait le deuil du Père Noël mais visiblement pas encore de la petite souris ni des cloches.

Plus qu’un mensonge, c’est toute une magie qui s’envolait !

Le quotidien étant suffisamment dur, j’ai décidé que chez nous la magie resterait le plus longtemps possible. Le Père Noël passera tous les ans, la petite souris déposera une pièce ou un mini cadeau à chaque dent tombée, des kinder seront cachés partout dans la maison, si cela peut permettre à Emma de rêver au moins pendant son enfance.

Je m’efforcerai de ne pas lui mentir sur les petites choses du quotidien, de tenir ma parole et d’être le plus honnête possible avec elle mais laisserai son imagination et la féerie traverser au moins un temps sa jolie petite tête !

Et chez vous on ment ou pas ?